Faut-il quitter le Cameroun pour le Canada ? Le retour d’expérience inspirant d’un Camerounais devenu Inspecteur de chantier
Le débat fait rage sur les réseaux sociaux. Entre ceux qui parlent de « fuite des cerveaux » et ceux qui parlent de « droit à un meilleur avenir », les avis sont tranchés.
Au milieu de ce débat, un témoignage a particulièrement retenu notre attention. Brut, honnête et surtout pratique. Il raconte le parcours Didier Kalla (pseudonyme), un Camerounais parti il y a peu et qui, 3 mois après son arrivée, exerce déjà dans son domaine.
Nous publions son retour d’expérience tel que reçu.
« Je souris quand je vois certains juger ceux qui choisissent de partir. Ils n’ont souvent jamais connu ce que c’est que d’atteindre un certain niveau dans son pays, puis de réaliser que rien n’est réellement garanti. Samuel Eto’o avait dit <<personne n’a sa place garantie dans cette équipe>> c’est exactement ça mon pays.
Avant de venir ici (au Canada), pensez-vous que je ne savais pas que c’était un choix difficile ? Quitter son pays, sa famille, ses habitudes pour aller vers l’inconnu, ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère. »
Pour lui, le problème n’est pas le manque de travail. C’est le manque de perspectives.
« Le pays d’où je viens ne fait plus rêver beaucoup de jeunes. Et quand je parle de rêve, je parle de la possibilité de croire qu’avec les compétences, le travail et les efforts, on pourra toujours trouver sa place sur le marché de l’emploi.
Chez nous, avoir un emploi bien rémunéré est une grâce. Avoir un employeur qui respecte vos droits et vous offre de vrais avantages sociaux, c’est presque un privilège. Et quand on vient d’une famille modeste, on sait ce que représente celui qui travaille : il porte souvent les espoirs de toute une famille. Si nous sommes arrivés jusque-là, c’est aussi parce que quelqu’un s’est sacrifié pour nous. »
« Faire le SWOT et le PESTEL de sa propre vie »
Loin de prôner un départ massif, il appelle à la stratégie.
« Alors, fallait-il rester les bras croisés et espérer que les choses changent toutes seules ? Comme le dit Youssoupha : « Être patient, ce n’est pas attendre, c’est agir en attendant. » C’est pourquoi chacun devrait faire le SWOT et le PESTEL de sa propre vie : analyser ses forces, ses faiblesses, les opportunités et les menaces, puis prendre ses décisions en conséquence. Les choix de vie sont personnels.
Son astuce pour trouver du travail 2 semaines après son arrivée
Et c’est là que son témoignage devient concret.
« J’ai obtenu mon premier emploi deux semaines après mon arrivée. Trois mois plus tard, j’ai entamé les démarches pour exercer dans mon domaine de formation. La province m’a demandé où je voulais aller professionnellement et a mis à ma disposition des conseillers, des programmes et des institutions pour faciliter mon intégration. Aujourd’hui, je suis inspecteur de chantier de construction.
Certains diront que tout m’a été donné. Je réponds : non.
On m’a offert un cadre, des outils et des possibilités. Mais c’était à moi de suivre le processus, de satisfaire aux exigences et de prouver ma valeur. Rien n’a été facile. »
Et voici son astuce :
» Mon emploi, je ne l’ai pas trouvé en attendant qu’on m’appelle. J’ai recensé les entreprises de mon domaine, je suis allé frapper à leurs portes. Le premier ingénieur qui m’a reçu m’a recruté dès le lendemain. »
« Je ne suis pas parti pour fuir mon pays »
Il conclut sur une note de responsabilité.
« Au final, ce qui fait la différence, ce n’est pas seulement le pays. C’est la rencontre entre un environnement qui offre des opportunités et une personne qui a la rage d’exister, le courage d’agir et l’envie de réussir. Je ne suis pas parti pour fuir mon pays. Je suis parti pour offrir un avenir plus solide à mes enfants, soutenir ma famille et donner une chance à mes compétences de s’exprimer. C’est cela, mon retour d’expérience. »
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Faut-il rester et se battre au pays ? Faut-il partir pour saisir les opportunités ?
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