Dans la nuit de ce mercredi 29 juillet 2026, la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre : Bissi Mag est décédé à l’Hôpital Général de Douala.
Selon des sources proches de la famille, l’artiste souffrait d’un cancer contre lequel il s’est battu jusqu’au bout. Après une hospitalisation à Douala, il avait effectué un séjour en France en quête de guérison, malheureusement en vain.
BIOGRAPHIE : BISSI MAG
De son vrai nom NOUBISSI FOTSO LUC ROMUALD, Bissi Mag voit le jour le 17 mars 1971 à Nkongsamba. Originaire de Bandjoun, il grandit entre la passion et les interdits, nous apprend cette bio collectée par le site « Images et Culture Bamiléké ».
Les premiers pas
Dès l’âge de 5 ans, à l’école Saint-Jean-Baptiste de Baressoumtou, il est touché par le virus de l’art. En 1985, de retour des congés de Noël, son oncle lui remet 10 000 FCFA.
À Douala, sur le chemin du retour, il utilise 2 500 FCFA pour s’acheter un piano-jouet. Sachant son père farouchement opposé à la musique, il ment : le piano lui aurait été offert.
Avec cet instrument naissent ses premières compositions : « Mela » qui deviendra « Kousso », et « Filer n’est pas bon » transformée plus tard en « Moto taxi prudence ».
Au Lycée de Manengouba puis au club musique de Nkongsamba, son talent de pianiste force l’admiration. Son cousin Franck lui offre un petit synthé. Son frère Wokam Janvier l’encourage en lui achetant un synthé de 2 octaves et demie après son succès au BEPC en 1989.
Son père, lui, reste inflexible : pas question de sacrifier l’école pour « un métier de voyous ».
L’école et la détermination
Bissi Mag obtient son Baccalauréat D en 1992, 1er de son sous-jury. Il s’inscrit en physique-chimie à l’Université de Yaoundé. Mais les grèves et la crise sociopolitique ont raison de son parcours universitaire.
Il redescend à Douala et devient aide-vendeur au marché Mboppi dans le magasin de son frère. En parallèle, il récupère des cartons pour économiser 160 000 FCFA et s’acheter en 1995 un grand synthé de 5 octaves.
Il prend des cours de solfège chez Stanley à New-Bell, puis avec Michel Defosso. Cette même année, il enregistre sa première pré-maquette « Si le Tomnwe » au studio 8 pistes de Southy Antoine, avec Aubin Sanjo et Conty Bilong comme arrangeurs.

Le déclic : « Simo » et André-Marie Tala
Sur recommandation d’Aubin Sanjo, Bissi Mag contacte André-Marie Tala. Au téléphone d’abord, puis en live. La star, séduite, lui accorde 30 minutes au lieu de 15.
En découvrant « Simo », Tala lui dit : « Des chansons comme celles-là n’arrivent qu’une fois dans la carrière d’un artiste ». Il décide de le parrainer. Il lui prodigue des conseils, lui enseigne la composition et signe les arrangements de l’album avec le regretté Nkono Téles.
C’est aussi lui qui offre à Bissi Mag son tout premier concert live, le 08 janvier 1999 au stade de Nyété à Hévecam.
« Simo », l’album culte
Sorti il y a plus de 16 ans, « Simo » est le premier et unique album de Bissi Mag. 10 titres qui racontent ses doutes, ses espoirs et ses pérégrinations : « Fous cachés », « Moto taxi », « Ils sont tous pareils », et surtout « Simo ».
Cette chanson est entrée dans le grand répertoire de la musique populaire d’inspiration traditionnelle. Elle est fredonnée par des mélomanes de toutes les tribus. C’est d’ailleurs la chanson préférée de Yves Michel Fotso.
Porté par ses aînés André-Marie Tala et Nkono Téles, Bissi Mag laisse une signature musicale unique, marquée par l’humilité et la sincérité.
Le monde artistique perd un homme simple, travailleur et respectueux.
Toute l’équipe de Camerooninfo.net présente ses sincères condoléances à la famille Noubissi Fotso, à la communauté Bandjoun, et à tous les fans du Cameroun et d’ailleurs.
Repose en paix Bissi Mag. « Simo » ne mourra jamais.
Martin Etalobe




