Coup de gueule ce matin de l’ancien international camerounais Clarence Bitang.
Âgé de 33 ans, le milieu de terrain a annoncé son départ d’Al Zawraa, le club le plus titré d’Irak, où il évoluait depuis presque deux ans.
Un départ qui ne se fait pas dans la douceur.

« Je ne ferai pas de message chaleureux »
Sur ses réseaux, Clarence Bitang a tenu à s’expliquer. Lassé des rumeurs, il a décidé de dire la vérité.
« Généralement, après un passage dans une équipe, nous faisons un message chaleureux pour dire au revoir et merci. Aujourd’hui, je ne ferai pas ça. Je prends la parole pour répondre à toutes les personnes qui me demandent depuis quelques mois pourquoi j’ai quitté Al Zawraa de cette façon.
» Contrairement à tout ce qui se raconte, mon contrat n’a pas été résilié. J’ai mis fin à ma collaboration avec Al Zawraa simplement parce que je ne pouvais plus m’asseoir à la même table que ses dirigeants.
» Toute personne a des principes, et lorsque ces principes sont bafoués, il vaut mieux quitter les lieux. »
Des mois sans visa et des salaires impayés
L’ex Lion Indomptable pointe du doigt la gestion administrative catastrophique du club irakien.
« En ma qualité de joueur étranger, la chose la plus importante pour moi est d’être en règle administrativement dans un pays qui n’est pas le mien.
« L’administration d’Al Zawraa a été incapable de me fournir un visa. Pendant des mois, j’ai été en situation irrégulière. J’évitais de montrer mon passeport à la police quand on me contrôlait. J’ai joué dans plusieurs pays avant et je n’ai jamais vu cela.
» On me disait d’attendre la fin de saison si je voulais sortir du pays. Ça, et les multiples arriérés de salaire… je ne pouvais plus.
» Après s’être rendu compte qu’ils avaient fait n’importe quoi, ils ont tout fait pour me retenir. Mais l’heure n’était plus aux causeries. C’est la raison pour laquelle je suis parti avant la fin de la saison. »
Son verdict est sans appel :
« Al Zawraa est une grande équipe mais les personnes à sa tête ne connaissent rien au football. Désolé, mais c’est ma façon de penser. »

Des remerciements malgré tout
Malgré la colère, Clarence Bitang a tenu à remercier ceux qui l’ont soutenu :
« Je pense au président Muthana, au capitaine Rais Gaith, au coach Haider et à son staff, à tous mes coéquipiers et aussi aux fans de Zawraa. Le reste appartient à Dieu. »
L’hommage d’un ancien coéquipier : « Le Métronome Silencieux »
Avant ce coup de gueule, un hommage fort lui a été rendu par Yannick Landro, son ancien coéquipier et aujourd’hui entraîneur des gardiens.
« Clarence Bitang : Le Métronome Silencieux et l’Éloge de la Corde.
Clarence était notre horloge interne. Un joueur d’une finesse rare, capable de fluidifier le jeu d’un simple contrôle, avec une discipline de fer.
Sous la chaleur du Nord, un duo s’est formé : Clarence Bitang et moi. Notre rituel ? La corde à sauter. Avant, pendant, après… Clarence ne s’arrêtait jamais. Pour lui, le talent n’était qu’un point de départ.
Sur le terrain, c’était un régal. Sorties de balle propres, sérénité sous pression. Mais au-delà de la technique, c’est sa loyauté envers le football qui m’a marqué. Il ne trichait pas.
» Cadre naturel, sans bruit, sans ego. Juste un professionnalisme constant.
» Clarence, c’est l’exemple même du joueur moderne : discipliné, respectueux, constant. Un métronome. Un professionnel accompli. Un frère de corde. »
Le parcours d’un globe-trotter camerounais
Né à Douala, ancien élève du Collège Évangélique de New Bell, Clarence Bitang s’est révélé à l’Union Sportive de Douala et aux Astres de Douala. Il a aussi porté les couleurs de Coton Sport de Garoua.
Membre de la génération des Lionceaux 2011 avec Fai Collins, Salli Edgard, Oyongo, il a ensuite exporté son talent :
Grèce, Kazakhstan, Macédoine, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite.
Partout, il a imposé son volume de jeu et sa rigueur de « moine soldat ».
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