Le compteur tourne. Ce 28 juillet marque le 51e jour de séjour de Paul Biya en Suisse. Absent de Yaoundé depuis le 7 juin, le président camerounais de 93 ans bat un record de longévité hors du pays.
Un séjour présenté initialement comme de courte durée, mais qui a été prolongé à plusieurs reprises.
« Il n’a jamais été hospitalisé » : la Présidence brise le silence
Face aux spéculations, Samuel Mvondo Ayolo, ministre directeur du cabinet civil de la Présidence, s’est exprimé auprès du panafricain Jeune Afrique.
Selon JA, le chef de l’État a été admis dans une clinique privée suisse.
Le Dircab dément formellement : « Paul Biya n’a jamais été hospitalisé en Suisse ». Il assure que le président « se porte bien », « en très bonne santé » et qu’il « travaille actuellement sur plusieurs dossiers ».
Interrogé sur les rumeurs de décès qui circulent sur les réseaux sociaux, Mvondo Ayolo a été cinglant : « Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher le décès du chef de l’État ? »
« Ceux qui souhaitent la mort du chef de l’État et alimentent les rumeurs pourraient partir avant lui », a lancé Mvondo Ayolo. Et de conclure : « Certains, au sein du sérail, attendent ce départ, [mais ils] partiront peut-être avant lui ».
Le Cameroun gouverné depuis Genève ?
Toujours selon Jeune Afrique, « le pouvoir est exercé depuis la Suisse ».
Samuel Mvondo Ayolo assurerait « une liaison permanente avec Yaoundé ». À Yaoundé, Ferdinand Ngoh Ngoh, SGPR, « gère les affaires courantes » et suit deux dossiers sensibles : un trafic illégal d’or et un faux décret de nomination d’un vice-président.
À Genève, certifie la présidence, Paul Biya continue d’examiner les dossiers : projets de décrets, ordonnances, nominations. Des rapports confidentiels de la DGRE lui auraient été transmis ces derniers jours.
L’opposition dénonce une « vacance de fait du pouvoir »
Le retour du président à Yaoundé, initialement programmé le week-end dernier, a été reporté sine die. Ce qui relance la polémique. Dans nos publications précédentes, l’opposition camerounaise s’était déjà offusquée.
Nkou Mvondo et d’autres leaders de l’opposition avaient dénoncé « une fuite en avant » et « un manque de transparence dangereux pour les institutions ».
Ils estimaient que le pays ne pouvait pas « être dirigé par intérim depuis l’étranger pendant plus d’un mois » et réclamaient un bulletin de santé officiel.
Pour eux, ce « long séjour » confirme « la vacance de fait du pouvoir » et l’urgence d’une clarification constitutionnelle.
En attendant un retour annoncé mais jamais daté, le Cameroun retient son souffle. 51 jours après son départ, l’image d’un président actif depuis la Suisse peine à dissiper les doutes.
Martin Etalobe




